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  • Soizic Huet

Les vertus de la lenteur

Vous vous rappelez tous du lapin dans Alice aux pays des merveilles qui court en permanence en s’écriant « Pas le temps ! Pas le temps !! ». Ce pauvre lapin est bien la représentation de ce que vivent la majorité des personnes dans notre monde qui doit toujours tourner de plus en plus vite. Il y a là un paradoxe dans notre société actuelle, car tout le monde s’accorde à dire qu’il lui faudrait des journées de plus de 24 heures afin d’arriver à faire tout ce qu’il voudrait et pourtant nous trouvons admirables ceux qui ont un agenda surbooké, jamais disponibles avant les calendes grecques, débordés, que dis-je submergés. Combien de fois, je me suis vu courir dans le dédale des longs tunnels du métro, les yeux scotchés sur ma montre en n’étant plus connectée à l’instant présent, mais juste à mon planning bien serré où le fait de ne pas attraper le métro qui allait arriver mettait en déroute ma superbe organisation.

Alors, prenons un temps de réflexion pour comprendre les vertus de la lenteur.




La préparation du café au cours des 3 dernières décennies :


Il est intéressant de comprendre cette frénésie de la vitesse qui s’est petit à petit emparée de notre quotidien en regardant l’évolution dans la façon de préparer le café. Je vous parle d’un temps (pas si vieux que çà) que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre : les années 70. Je me rappelle quand j’étais petite, il y avait un moulin électrique qui servait à moudre les grains et déjà nous pouvions sentir l’arôme se répandre dans toute la cuisine, ensuite il fallait verser doucement l’eau frissonnante sur le filtre et attendre que le café goutte. C’était presque un rituel à la fin du repas où « les grands » s’installaient dans le salon en attendant leur nectar. Maintenant, vous prenez votre dosette Nexpresso, vous attendez que le voyant soit sur le vert et appuyez pour recevoir votre café en moins d’une minute chrono. Certes, vous avez gagné facilement 15 bonnes minutes en 30 ans, mais avez-vous pu satisfaire le plaisir de vos différents sens :

· L’odorat avec les effluves qui s’échappaient bien avant que votre café soit dans la tasse.

· L’attention portée à la préparation du café afin d’éviter de faire déborder l’eau

· Le goût de votre café qui sera tous les jours différent en fonction du dosage.

· L’attente permettant un moment d’échange et de pause.

Attention, je suis loin d’être nostalgique et réactionnaire, je suis la première à me féliciter de toutes les technologies apportées récemment. Seulement si celles-ci contribuent à me libérer de tâches ne satisfaisant pas un de mes sens et me permettant de mettre à profit ce temps libéré. Mais fort est de constater qu’aujourd’hui nous sommes à la recherche de performance du toujours plus vite, toujours plus haut ! Est-ce que cela est compatible avec la rêverie, la contemplation ?



La contemplation et la rêverie au service des plus grandes inventions


S’il n’y avait pas eu ce temps d’observation, de pause, de rêverie donc de lenteur, nous n’aurions pas eu ces inventions qui furent un bienfait pour l’humanité. Prenons l’exemple d’Archimède : si l’on en croit la légende, c’est en prenant son bain qu’il a pu mettre en avant la loi de l’hydrostatique permettant de calculer le poids d’un volume en fonction de sa masse déplacée dans un liquide. Autres exemples, avec Newton allongé sous un pommier a mis en évidence la loi de la gravité et bien sûr Léonard de Vinci en observant le vol des oiseaux a conçu les prototypes d’engins volants.

Et pourtant depuis notre plus jeune âge, la lenteur et la rêverie sont associées à la paresse, à l’oisiveté. Ce qui explique la quantité d’activité mise en place le mercredi et le samedi : surtout il ne faut pas qu’ils s’ennuient !



Prendre son temps : un bienfait pour nos bouts de choux


La plupart du temps, le mercredi devient un véritable marathon et une course contre la montre entre le cours de piano, de danse, de piscine et de dessin. C’est bien d’ouvrir nos enfants sur le monde et de leur proposer diverses activités (Eh oui il pourrait s’avérer que c’est le nouveau Mozart ou bien le remplaçant de Federer), mais à quel moment peut-il se poser, rêver et même s’ennuyer ? Rien de tel qu’un temps calme, au ralenti pour assimiler des connaissances. La sursollicitation a un effet délétère sur les apprentissages, comme toutes choses il est nécessaire d’un moment de digestion et d’assimilation, ce temps ne s’acquiert ni dans l’action ni la vitesse. Je ne parle même pas du stress pour les accompagnants qui ne peuvent pas profiter d’échanges constructifs avec leurs chers bambins. Ralentissez, ne vous laissez pas happer par la vitesse !




La lenteur rime avec efficacité


Eh non, la lenteur n’est pas un signe de paresse, elle est nécessaire pour gagner en efficacité. Quand on prend ce temps de pause et d’analyser notre expérience, notre environnement, il est plus facile ensuite d’être efficace et rapide dans l’exécution du travail à accomplir. Je suis toujours étonnée au cours de mes consultations d’avoir l’argument « mais je n’ai pas le temps pour mettre en place ce que tu me demandes ! ». En effet vous n’avez pas le temps, il faut simplement le prendre, vous l’octroyer et gérer avant tout vos priorités.

Pensez à nourrir vos 5 sens et, ainsi revenir à l’instant présent, gage d’un bien-être. Devenez un peu plus souvent une tortue qu’un lièvre pour gagner en efficacité et devenir maitre de votre temps.