• Soizic Huet

Les plantes pour accompagner les femmes au cours de leur vie

Ce sujet me tenait à cœur depuis longtemps et pourtant c’est celui qui me donne le plus de fil à retordre. Peut-être suis-je trop concernée et n'ai-je pas assez de recul sur le sujet ? Combien de fois je me suis retrouvée face à des jeunes filles avides de questions avec la volonté de comprendre, de s’approprier leur corps sans subir des protocoles bien établis leur enjoignant une contraception sans proposer d’alternative ou au contraire ne pas tenir compte de leur ressenti en adéquation avec leurs émotions et leur enveloppe physique.

Puis le temps passe et plus nous nous retrouvons à l’aune d’une nouvelle ère où l’on voit notre corps changer, nos cycles devenir plus anarchiques pour enfin faire le deuil de ce que l’on a combattu toute notre vie : nos règles.

Pas facile d’appréhender et vivre sereinement ces cycles qui se répètent inexorablement tout en échappant à notre contrôle. Et si cela était notre chance ? Si au lieu de vivre ces moments en dualité, nous apprenions à les approprier et que cela devienne notre force ? Si nous nous sentions fières d’être des femmes à part entière avec nos émotions à fleur de peau (que l’on me jette la pierre si aucune de vous n’a jamais fondu en pleurs devant la vidéo d’un bébé panda), notre courage de s’extirper de notre lit alors que nos jambes se sont métamorphosées en guimauve, notre ventre en un gouffre brulant comme l’enfer et notre silhouette s’apparentant plus à celle de Bibendum (le bonhomme de Michelin) qu’à une top model retouchée avec Photoshop. Oui mesdames, je l’affirme haut et fort, nous sommes des vaillantes qui portons en nous ce sens du rythme, des cycles et des saisons. N’est-ce pas un point commun avec dame nature ?

En effet, le règne végétal est lui aussi soumis au rythme de la vie qui permettra de récolter ses bienfaits sous l’œil bienveillant de la lune. Le parallèle est tentant et si évident, car il faut bien le reconnaître que la femme est sensibilisée très tôt au rythme de la vie, des saisons et des cycles. Et que son cycle est identique à celui de la lune … Ce qui explique cette connexion si forte entre le monde du végétal et le monde féminin, car depuis la nuit des temps, les plantes ont été des alliées précieuses pour les femmes au cours des différents changements s'opérant entre elles.




1. La puberté : quand la chenille devient papillon


Ce passage entre l’enfance et l’adolescence est très clairement identifié par les jeunes filles avec : les Anglais qui débarquent, les ragnagnas, avoir ses coquelicots ou ses ourses, avoir ses bénéfices, avoir reçu ma lettre mensuelle... Bref le vocabulaire populaire est intarissable pour nommer les menstruations… Il y a vraiment un avant/après qui nous donne la valeur du temps qui passe et la conscience de notre évolution telle une chenille se transformant en papillon. Ce qui expliquerait la maturité des jeunes filles prenant conscience dans leur corps de la vie qui avance inexorablement.

Ce n’est pas facile de gérer les désagréments liés à notre cycle. Le plus enquiquinant pour la plupart des filles étant des règles douloureuses. Mais la nature nous offre des solutions bien trop souvent passées aux oubliettes. Alors au lieu de se jeter sur des anti-inflammatoires, si vous vous mettiez à découvrir les bienfaits des plantes ?

Et on n’oublie pas notre précieuse alliée : notre bouillotte et une respiration abdominale.

En cas de grosse crise douloureuse : l’huile essentielle d’Estragon qui s’avère un anti-inflammatoire par ses propriétés antispasmodique neuromusculaire.

À appliquer 2 gouttes sur le bas-ventre en massant tranquillement dans le sens des aiguilles d’une montre.


L’endométriose

Je ne peux pas passer à côté de cette maladie qui touche 1 femme sur 10. Elle se manifeste par des règles douloureuses et abondantes, crampes pelviennes, voire abdominales, ou lombaires qui malgré la prise d’antalgique ne disparaissent pas. L’endométriose est une atteinte des tissus de l’endomètre qui ont une fâcheuse tendance à coloniser d’autres parties de la cavité abdominale. Ces tissus se comportent comme s’ils se trouvaient à l’intérieur de l’utérus tout en étant régis par les hormones. Ce qui explique qu’à la fin du cycle, ils se congestionnent et saignent durant les règles. Le problème étant qu’ils ne sont pas à l’intérieur de l’utérus et donc ne peuvent pas s’évacuer. La région du bas ventre devient gonflée et douloureuse. Actuellement aucun traitement n’existe pour endiguer cette pathologie, mais il existe des solutions pour limiter les dégâts et vivre plus sereinement la situation. Une hygiène de vie avec une refonte alimentaire serait bénéfique ainsi que des séances avec un ostéopathe. Sans oublier bien sur nos alliées les plantes !!


Le tiercé gagnant pour gérer notre cycle menstruel

Ø L’achillée Mille-feuille appelée aussi l’herbe du soldat :

Si elle tient son nom d'Achille qui aurait soigné son talon grâce à elle, l'achillée n'en est pas moins une plante phare de la femme. Elle est connue pour son action contre les douleurs pelviennes et abdominales et les flux abondants ce qui lui vaut sa place dans les soins gynécologiques. D’un point énergie, c’est une plante refroidissante qui agit donc sur les saignements rouges vifs s’écoulant abondamment.

Ses propriétés sont :

- Hémostatique => arrête les hémorragies

- Antispasmodiques => régules les spasmes qui nous vrillent le bas ventre

- Décongestionnant => Désengorge, « vide » les tissus

- Régule la sécrétion ovarienne de progestérone grâce aux phytostérols qu'elle contient => va stimuler la fertilité.

- Emménagogue => la plante stimule le flux sanguin de la région pelvienne et de l'utérus.


Décoction avant le débarquement des Anglais

1 Cuillère à soupe pour une tasse de 200 ml. Départ à l’eau froide et on laisse bouillir 3 min pour ensuite laisser infuser 10 min. 2 à 3 tasses par jour à prendre 5 jours avant la date présumée des premières règles, continuer sur les 2 jours suivants.

Interdit : Femmes enceintes et allaitantes, enfants <7 ans


Ø La bourse à pasteur

Voici encore une belle plante connue aussi sous le nom de la plante du sang, car son rayon de prédilection c’est avant tout d’arrêter les hémorragies aussi bien des saignements du nez que des règles abondantes ou bien durant la péri ménopause. C’est une plante dite réchauffante qui agira sur les organes « froids » atones accompagnés souvent d’un sang sombre et épais ayant du mal à s’écouler (fibrome, endométriose).

Ses propriétés sont :

- Antihémorragique => arrête les saignements

- Tonique astringent => augmente le tonus du muscle utérin en resserrant les tissus et ainsi à les aider à se désengorger.

- Anti-inflammatoire => soulage les douleurs


Infusion tout en douceur pour gros maux de ventre

Ajouter à un litre d’eau bouillante 50 Gr de bourse de pasteur et laissez infuser 15 min. Boire de 2 à 4 tasses par jour pendant 7 jours maximum.

Interdit : Femmes enceintes et personnes sous traitement anticoagulant.


Ø L’alchémille

Son nom lui vient de sa renommée auprès des alchimistes du moyen-Âge qui prônaient son utilisation dans la confection de la pierre philosophale. Elle toute sa place dans le trio des plantes accompagnant le cycle féminin de la puberté à la ménopause. C’est une plante refroidissante, elle agira bien sur les flux sanguins abondants et les douleurs du bas-ventre.

Ses propriétés sont :

- Antidiarrhéique => notamment quand cela est lié au syndrome menstruel

- Progestatif like => régule le cycle menstruel

- Cicatrisante et hémostatique => régule les flux sanguins abondants et atténue les douleurs des règles


Décoction apaisante pour des cycles réguliers sans débordement

5 Gr pour 200 ml d’eau froide, on laisse bouillir 3 min et ensuite infuser 10 minutes. Boire 3 tasses par jour au début du cycle.

Interdit : Antécédents cancers hormono-dépendants.



2. La fertilité : quand je veux et si je peux


Vous avez commencé à entendre le bruit du tic-tac de votre horloge biologique se faire un peu plus pressant ? Mais quelquefois dame nature aime prendre son temps et se laisse désirer. Un coup de pouce est quelquefois nécessaire pour mettre toutes les chances de notre côté ou ne serait-ce pour permettre à notre corps d’être dans les meilleures dispositions pour accueillir ce petit être qui nous fera oublier la notion des grasses matinées.

Je ne développerai pas ici le sujet, car il nécessite qu’on lui consacre un article à part entière et je sens que je vais m’éparpiller (je vous avais prévenu, il est compliqué pour moi de construire cet article !)

Ø Pousse de Framboisier en gemmothérapie

C’est un arbuste très commun dans les bois, les clairières et facile à cultiver. Il pousse sur un terrain dégradé plutôt acidifié et peu minéralisé. Le framboisier a une capacité de survie incroyable. On peut l’arracher, le couper, le bruler : il reprend toujours. C’est un protecteur ovarien qui lui confère une place de choix dans les plantes accompagnant les femmes. Avec l’airelle et le pommier, le framboisier fait partie des 3 plantes dédiées à la femme.

Elle sera indiquée en cas :

- Retard pubertaire /hypogonadisme => va stimuler les ovaires avec son effet œstrogène like

- Règles douloureuses => antispasmodiques

- Pathologies des règles (dysménorrhée, hyperménorrhée ou aménorrhée) => va réguler le cycle menstruel (associé avec l’airelle)

- 1er trimestre de grossesse (associé avec le pommier) => effet tonique et antispasmodique.

Interdit : Antécédents cancers hormono-dépendants.


Ø La Méthode Lady-Comp ©

Dans les années 20, le docteur Ogino, gynécologue japonais avait mis au point une méthode de « contraception » qui permettait de contrôler les naissances. Il y eut beaucoup de bébés « Ogino » … et cette méthode s’est avérée plutôt efficace pour déterminer son pic de fertilité. À partir de ce constat, des appareils permettent d’aider les femmes à comprendre leur cycle et ainsi à déterminer le moment le plus favorable pour une fécondation. Si cela vous intéresse, allez sur le site : https://www.lady-comp.fr/




3. La ménopause : quand le paraitre disparait au profit de l’être


Une nouvelle étape se dessine tout aussi importante que la puberté. Et qui dit étape dit : chamboulement, changement et nouvelle façon d’aborder les choses en ayant conscience de l’inéluctabilité du cycle de la vie. Cela fait près de 10 ans que je me prépare à cette phase avec une certaine appréhension. Alors j’observe, je tourne la tête, je découvre les femmes de plus de 50 ans et j’avoue que je les trouve touchantes, il se dégage la plupart du temps une certaine plénitude et de la grâce acquise avec l’expérience de la vie. La ménopause est assez récente à l’échelle de l’humanité, car peu de femmes arrivaient à dépasser les 50 ans. Au cours des 3 dernières décennies, on a voulu masquer cette nouvelle étape, si importante dans la vie des femmes, à grand renfort de traitements hormonaux. Bien vite les dégâts ne se sont pas fait attendre avec l’apparition de cancers hormonaux. Non, soyons censées et une fois de plus, les plantes seront des alliées précieuses pour nous accompagner dans cette nouvelle phase.


Ø L’airelle en gemmothérapie

Le fruit de l’airelle est une baie rouge récoltée depuis toujours pour ses bienfaits alimentaires avec sa forte teneur en vitamine C qui lui confère un pouvoir antioxydant efficace pour limiter contre le vieillissement cellulaire et permettre la régénération des tissus. Cela en fait une plante de choix au moment de la pré-ménopause et la ménopause.

Elle sera indiquée en cas :

- Bouffées de chaleur => effet œstrogène like

- Anti-oxydante => empêche le vieillissement prématuré en contrecarrant l’acidose mal gérée par les reins. (associé avec le ginkgo biloba)

- Ostéoporose, polyarthrite chronique => associé avec le Cassis

- Irritabilité de pré-ménopause

Il est important de faire un distinguo entre la pré-ménopause et la ménopause. Dans le premier cas, il y a une insuffisance de progestérone uniquement tandis que la ménopause est confirmée avec l’arrêt des cycles menstruels et le signe qu’il n’y a plus de sécrétions d’œstrogène et de progestérone. On comprend l’enjeu d’être à l’écoute et dans l’observation de son corps afin d’apporter une réponse ciblée en fonction des cas.


Ø Le gattilier

Les vertus médicinales de la baie de gattilier sont connues depuis plus de 2 000 ans. Les moines du sud de l'Europe consommaient les baies afin de pouvoir mieux supporter les affres du célibat. D'où son appellation populaire de « poivre des moines ». Puissant antispasmodique, l’arbre à poivre régule le cycle féminin et aide à lutter contre les troubles liés au syndrome prémenstruel, il est employé aussi lors des troubles liés à la pré-ménopause et en cas de mastalgie (douleur des seins).

Ses propriétés sont :

- Progestérone like => pour rétablir l'équilibre œstrogène-progestérone dans l'organisme.

- Agit sur l’hypophyse => stimule les récepteurs sensibles à la dopamine, réduit la sécrétion d'une hormone, la prolactine et augmenterait celle de progestérone régularisant ainsi les règles.

Ø L’onagre et la bourrache

Voici 2 huiles bienfaitrices pour garder notre teint de pêche, mais aussi afin de rebooster nos petites cellules de l’intérieur.

Le nom « onagre » vient de la ressemblance de la forme des feuilles avec celle des oreilles de l’âne sauvage du même nom. Elle est cultivée pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires provenant de la combinaison des oméga 6 et des oméga 9 lui conférant des effets bénéfiques sur les troubles de la ménopause, mais aussi sur l'arthrite rhumatoïde, le cholestérol. Elle agit également sur les maladies cardio-vasculaires.

Quant à la bourrache, plante oubliée de nos jardins, et qui pourtant recèle un véritable trésor pour les femmes à partir de 40 ans, car elle régénératrice cutanée du fait de la présence d’oméga 6 de type acide gamma linolénique réputé comme régulateur endocrinien et réparateur cutané.


Ø La sauge

« Celle qui sauve » mérite bien son nom. C’est la plante par excellence de la ménopause avec ses vertus qui peuvent nous sauver la mise en cas de transpiration excessive, de digestion lourde, de fatigue ou de stress.

Ses propriétés sont :

- Anti-oxydante

- Ostrogène like => régulateur hormonal

- Hypotriglycéridémiant => fait baisser le cholestérol

Interdit : Antécédents cancers hormono-dépendants.


Ø La reine des près

Elle ne fait pas à proprement dite partie du sérail des plantes accompagnant les femmes au cours de leur vie. Mais ses propriétés sont intéressantes notamment au moment de la ménopause, car elle agit sur le poids qui, souvent est un facteur inhérent à la ménopause (on s’en passerait volontiers !!).

Ses propriétés sont :

- Décongestionnant et diurétique => elle permet de « dégonfler »

- Anti-inflammatoire (riche en acide salicylique) => lutte contre les rhumatismes, arthrite …


Tisane pour taille de guêpe

2 Cuillères à soupe (9gr) dans 200 ml d’eau froide, on porte à ébullition pendant 5 min et on laisse infuser 10 min. Prendre 3 tasses par jour pendant 1 semaine.




4. C’est le moment de bouger son corps !


Bien vous voici parées avec ce florilège de plantes qui je suis sure ne manqueront pas de vous accompagner dans vos différentes phases, mais n’oubliez pas qu’avant tout vous êtes actrices de votre vie et à ce titre il faut mettre du sien : devenir actif dans le processus. Soyez dans l’observance et agissez. Une des meilleures façon est de mouvoir son corps à travers l’activité physique. Prenons l’exemple des bouffées de chaleur, symptôme récurrent accompagnant la ménopause, il peut être fortement diminué avec la pratique régulière de sport qui permet une sudation contrôlée.

De plus, le sport permet :

- de se libérer du stress

- d’avoir du plaisir en libérant les endomorphines

- de bruler l’excès de sucre sanguin

- de contrer les effets de l’ostéoporose en favorisant la minéralisation des os.

- de lutter contre l’arthrite en améliorant le glissement des surfaces articulaires.

Maintenant il ne vous reste plus qu’à prendre votre carte d’abonnement à la salle de sport.


Bougez, souriez, éclatez-vous, VIVEZ pleinement !!

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